10 ans cet automne que je me suis établi à Québec. Si l’on excepte l’année dernière (passée sur l’avenue Mont-Royal juste en face de l’Inter-Marché et de la SAQ Express, dans un appartement et non sur le trottoir s’il-vous-plaît), cela fait une décennie que j’ai appris à vivre à Québec, dans cette ville qui commence à peine à accepter de se voir comme une ville.

Parce qu’à Québec, on a souvent la désagréable impression que les gens ne veulent surtout pas vivre dans une ville mais plutôt dans une agglomération de banlieues. À Québec, c’est bien connu nous avons un des plus hauts ratios de kilomètres d’autoroutes par tête de pipe de toute l’Amérique. Devant L.A. À Québec, entre 1971 et 2001, la population à crû de 40% pendant que le territoire occupé lui, bondissait de près de 250%. À Québec, la «vraie ville» (c’est-à-dire grosso modo l’arrondissement de La Cité) compte à peine 150 000 personnes. Pour une capitale qui se voit comme une grande ville internationale, c’est très peu. À Québec, nous aimons l’étalement urbain.

À Freiburg, des proprios se font payer pour produire de l'électricité
Sauf que. Sauf que nous ne pourrons pas continuer ainsi indéfiniment cette fuite en avant, cet exode vers la montagne et la campagne. Parce que le prix du pétrole augmentera radicalement d’un moment à l’autre. Parce que les changements climatiques nous imposeront leur agenda, et surtout parce qu’une ville, c’est surtout des gens qui vivent ensemble et qui se côtoient autrement que dans leurs automobiles… Bref, il faut commencer tout de suite à parler de densification urbaine. Une réalité avec laquelle de nombreuses villes européennes composent de manière harmonieuse.

Cette semaine, j’ai rencontré l’architecte et professeure Geneviève Vachon avec qui je discute de projets de densification urbaine réalisés dans deux villes de taille moyenne: Freiburg en Allemagne et Malmö en Suède. Des projets qui, même s’ils demeurent perfectibles, sont des initiatives qui pourraient nous montrer la voie.

